Je n'ai jamais raconté l'histoire qui suit, même pas à ma meilleure amie alors pourquoi vous la raconter à vous qui suivez ma petite vie depuis quelques mois alors que je ne vous connais pas... et bien tout simplement parce que je reste persuadé que quand ça ne va pas il faut en parler et qu'il est bien plus facile de se confier à des inconnus qu'à une amie très proche.
Ecrire ces quelques lignes me sert en fait de thérapie, merci à vous.
Depuis de nombreuses années les psychanalystes ont essayés de comprendre les causes de l'homosexualité, j'ai eu l'occasion de lire quelques uns de leurs rapports et je m'y suis identifié.
La plupart d'entre eux s'accordent à dire que le « gêne » de l'homosexualité naît durant l'enfance et qu'il est influencé par le milieu socio-culturel de l'enfant.
Pour ma part j'ai grandis dans un milieu quasi exclusivement féminin puisque ma grand-mère, ma mère et ma s½ur entretenaient des liens très forts qui se sont concentrés autour de moi à ma naissance.
Plus tard il s'est avéré que mon cercle d'amis était majoritairement féminin, tous les enfants des amis de mes parents étaient des filles ; Je jouais donc avec leurs jeux.
A l'école, j'avais du mal à me faire des amis, de tous mon primaire, je n'ai eu que deux amis : Aurélie, ma voisine de lotissement et Romain, un gars qui était lui aussi timide et mis à part.
Malgré le fait que je n'aimais pas le sport, j'essayais de m'appliquer mais les autres se faisaient un malin plaisir à m'envoyer le ballon dans le visage, ou bien à ne pas me faire de passes dans les jeux collectifs que je redoutais tant puisque tous le monde se trouvait un partenaire et le dernier qui restait tous seul à chaque fois, c'était moi.
A ce moment là je n'avais pas encore mit un mot sur ma différence et je ne comprenais pas pourquoi les autres me rejetais alors que je faisais tous mon possible pour m'intégrer, même les profs s'y mettaient en me disant que "je n'étais pas fais dans le même moule que les autres".
Cette première année de collège a marquée le début de quatre ans de souffrances.
En classe personne ne voulais s'asseoir à côté de moi à part quelques filles, à chaque fois que j'ouvrais la bouche, j'avais le droit à des réflexions, dans les couloirs, je me faisais bousculer et traiter de « pédale » alors que je ne n'avais pas l'impression d'être éfféminé.
Pendant les 10 minutes de récréation quotidienne, je m'isolais dans un coin du collège, à l'écart et je faisais semblant de réviser mes cours pour passer le temps quant les quelques copains que j'avais dans une autre classe n'avaient pas de récréation.
Quatre ans ont passés, quatre ans de douleur intériorisée et de sourires forcés pour faire semblant d'aller bien.
En 2001 il y a eut de grands changements dans ma vie, pour voire si j'étais vraiment attirés par les garçons, quelques jours avant mes 16 ans, j'ai rencontré un homme de 27 ans par l'intermédiaire d'un réseau téléphonique gay, quelques jours après nous passions à l'acte : je commettais ma première erreur puisqu'il acceptais de me "dépuceler" seulement si nous avions un rapport sexuel non protégé, après avoir hésité, j'ai accepté.
Les jours qui ont suivit ont été térribles et j'ai finis par aller faire un test de dépistage du Sida qui c'est heureusement avéré être négatif.
Cette même année, j'ai obtenu mon brevet des collèges et j'ai décidé de rentrer au lycée sur de nouvelles bases.
Mon année de seconde s'est très bien passée, j'ai réussit à me faire un certain nombre de copains, c'est là que j'ai vu le changement de mentalité, on s'accepte chacun comme on est même si à ce moment là ma classe ne savais pas encore que j'étais homo.
Première et terminale : j'ai fais mon coming-out auprès de mes amis et toute ma classe a finit par savoir que j'étais homo, ça a été un grand soulagement pour moi d'autant plus qu'ils l'ont presque tous bien acceptés, certains mecs me disaient même que c'était tant mieux puisque comme ça ils avaient plus de meufs pour eux, d'autres plus immatures me demandaient si s'était moi qui faisait la femme dans le couple et ce que ça faisait de se faire « péter le cul ». A première vue ces réflexions auraient put me blesser mais non, au contraire, au fond de moi, je crois que ça me faisait plaisir puisque pour la première fois les autres s'intéressaient à moi et j'étais le sujet de quelques discussions.
Au cours de l'année, j'ai trouvé mon équilibre féminin en la personne de Manue, avec qui nous partagions tous, même nos confidences les plus intimes, puis quelques mois après, Caroline est à son tour devenue ma confidente.
A ce jour, je vois Manue assez rarement mais nous avons gardés contact et nous nous appelons assez régulièrement quant à Caroline, nous nous voyons au moins une fois par mois...
Je regrette ce temps où nous étions tous dans la même classe et où nous avions des bons délires avec la petite bande (Manue, K-ro, Antoine, Guirec, Vincent, Tanguy et moi-même), mais bon, toutes les bonnes choses ont une fin et qui dit fin de quelque chose dit commencement d'une autre.
Justement en septembre 2005, je suis rentré en BTS, je me suis fais de nouveaux amis dont Christophe qui est devenu mon meilleure pote ex-aequo avec Vincent même si à ce jour un seul des deux sait que je suis gay... je me prépare à le dire très prochainement.
Voilà c'était une petite partie de ma vie, merci de m'avoir lu jusqu'au bout et si tu te reconnais dans mon histoire, surtout ne baisses pas les bras, bats toi car toi aussi tu a le droit d'être heureux et dit toi que ce n'est qu'un cap à passer, même s'il est très long et douloureux.